C'est en écoutant les paroles des rappeurs marocains, les Fnair, Hoba Hoba Spirit, H-Kayne, Bigg, Darga... que l'on peut probablement saisir les avancées et les contraintes de la décennie écoulée. Dans une langue populaire qui n'hésite pas à faire des emprunts au français ou à l'anglais, avec des rythmes alliant le patrimoine musical national aux musiques du monde, ces jeunes parlent pour l'ensemble de la société. Leurs chansons disent à la fois l'amour du pays, les frustrations de la jeunesse, ses attentes et ses espoirs. Ce mouvement, les Marocains l'appellent nayda, littéralement "ça bouge", manière de désigner l'actuel bouillonnement culturel et social, une movida à la marocaine.